Compte rendu
Les vétérans sur le chemin des ponts à Morgins le 8 septembre 2011
Sortie : Action de sortir de chez soi pour faire quelque chose, se divertir.
C’est bien cela qu’ont fait les 25 participants sous la toujours efficace organisation de Pierre-André Jaunin. Avec l’impressionnant soutien logistique de la famille Krummenacher, où elle a de fortes racines, c’est à Morgins que l’équipe s’est mise en route pour la belle sortie que je vais vous conter :
Le chemin des ponts est le nom de la promenade bucolique qui va de Morgins (1383m) à l’alpage de La Tovassière (1689m). 32 ponts de bois font louvoyer le sentier de part et d’autre de la Vièze. Cette rivière a ceci de particulier qu’elle ne connaît pratiquement pas d’étiage. Son parfois tonitruant débit nous l’a montré par les nombreux sauts et rebonds qui jalonnent son parcours se faufilant dans la sérénité des bois.
Au lieu-dit l’Ancienne Plage, l’endroit où se baignaient les hôtes de la station au début du tourisme, un arrêt nous est proposé pour une pause pas ordinaire. En effet, Riquet et Liliane, ainsi que leurs enfants Blaise et Inès nous ont organisé des « dix-heures » de sorte. Un ami de la famille, Jean-Noël Mermet, était aussi de la partie et nous gratifia d’une dégustation des meilleurs crus des Fils Mayes à Riddes. Un Pinot noir fruité, une Syrah opulente, un Cornalin coquin, un Oeil de perdrix friant, un Fendant divin, un Johannisberg onctueux se succèdèrent avant un Paien (chrétien ?) pour fermer le cortège.
Mais la perspective suivante, celle d’un bon repas, nous motive tous pour continuer notre mouvement, tout ou partie à pied, suivant la forme de chacun. Vers midi trente, nous sommes réunis sur la terrasse de La Tovassière où nous nous réjouissons de la belle journée et du beau panorama dominé par la Pointe de l’Au, la Pointe de Chésery et la Tête du Géant.
C’est alors que Jacqueline, la patronne, nous prie de passer à table. C’est encore une merveille que de voir l’intérieur du chalet si bien aménagé ave le cachet rustique qui convient à l’endroit. On s’y sent bien car c’est une ambiance qui rappelle des souvenirs aux valeureux Patrouilleurs.
C’est aussi le moment d’évoquer la mémoire de Louis Grenier qui aurait eu 100 ans en août 2012. Louis, tu n’es plus là pour faire les photos…
Le rôti à la broche une fois savouré, c’est la tarte aux framboises ou aux pruneaux qui ravit nos papilles. Ensuite, les courageux accompagnent leur café d’une gentiane maison, suscitant les commentaires habituels sur les effets secondaires du breuvage…
Il est temps bientôt de redescendre. Par le même chemin cette fois, mais avec le même plaisir de vagabonder dans ce vallon que beaucoup ne connaissaient pas.
Un grand merci à tous les artisants de cette belle journée ! Dans La guerre des boutons, de nouveau à la mode ces temps-ci, le petit Gibus dit « si j’aurais su je serais pas venu ». Nous, nous avons su que la sortie vaudrait la peine et nous sommes venus car, comme Horace,
Celui qui ajourne le moment de bien vivre attend que la rivière ait fini de couler.
Albert Fahrni
Compte rendu
Les vétérans sur le sentier des sculptures à Sorens le 9 juin 2011
Le moins que l’on puisse demander à une sculpture, c’est qu’elle ne bouge
pas !
Salvadore Dali
Oui, elles sont bien immobiles, les sculptures à la tronçonneuse du sentier, créé en 1998 à Sorens, en dessus du pittoresque lac de Gruyère, mais certaines d’entre elles semblent pourtant bien vivantes. Ce renard aux aguets surveillant sa future proie, ces deux chevreuils se regardant dans les broussailles, cet écureuil grignotant sa noisette, le nain « Joyeux » souriant à « Titeuf », ces deux marmottes en pleine conversation, ce pivert dont le tac-tac dérange le hibou dans son sommeil, l’armailli qui descend de son alpage…
Ce ne sont là que quelques unes parmi les 150 œuvres qu’une belle promenade dans une forêt enchantée nous ont fait découvrir les talents de bûcherons sculpteurs, venus de différents horizons. Et le sentier des sculptures continue d'évoluer, de nouvelles créations voient le jour chaque année.
Une fois de plus Pierre-André Jaunin a su joindre une touche culturelle inédite à notre traditionnelle toujours belle journée de rencontre. Les autres ingrédients indispensables n’ont pas manqué : temps clément, belle nature, marche au gré des participants, apéritif près d’un beau refuge forestier (merci à Georges Despraz pour le succulent gâteau de Payerne) et, grand classique, le rôti de porc, gratin, légumes, précédé d’un feuilleté aux bolets et chanterelles, suivi d’une belle coupe aux trois sorbets.
Dans son laïus de circonstance, notre président a dû malheureusement évoquer le souvenir de 4 membres disparus :
Etienne Pellaud, Jean-Louis Gilliéron, Jean-Claude Bétemps et Paul Julmy, membre fondateur.
Toutefois, nous avons eu la plaisir d’accueillir un nouveau vétéran. Bienvenue à Daniel Herren et à son épouse ! Au moment du café, les conversations allèrent bon train, comme il se doit. On pu se réjouir de la participation de Jean Bridel, dernier membre fondateur avec Aurel Vouardoux et rappeler que le doyen de l’UPA 10 , Louis Grenier (1912) fêtera l’an prochain un anniversaire pour le moins particulier.
Albert Fahrni
Compte rendu
Les vétérans en Lavaux le 9 septembre 2010
La toujours impeccable organisation de Pierre-André Jaunin a bien répondu au
vœu de certains, désirant une sortie à la portée des « moins-marcheurs ». Ils
ont été comblés, mais les autres aussi !
De la pittoresque vieille ville de Lutry, c’est en effet le Lavaux-Express qui emmène la bonne vingtaine de participants à travers l’incomparable vignoble de Lavaux, depuis peu à l’inventaire de l’Unesco grâce à ses impressionnantes vignes en terrasse (un grand merci aux Chartreux, si soucieux d’avoir du vin de messe en suffisance…) Points de vue sur le plus beau lac du monde, ruelles tortueuses de vieux hameaux vignerons, belles grappes prometteuses d’un nectar exceptionnel, tout cela provoque des oh et des ah admiratifs. Une halte à Grandvaux, futur quartier de la Commune de Bourg-en-Lavaux, est le bon prétexte d’une courte visite de la maison Buttin-de-Loes, avec une dégustation convaincante des crus du coin. C'est dire : Madame l’œnologue de céans nous présente successivement un blanc de noir, un chasselas, un œil de Perdrix, si persuasifs que le chroniqueur ne sait plus si le rouge final était un pinot noir ou un assemblage à la mode…
Il est moins le quart ! En voiture pour Riex où l’aubergiste nous attend pour le diner dans une salle originalement décorée. Sur chaque table se trouvent des jeux d’adresse, de patience ou de perspicacité qui amusent les convives, au reste pas du tout en manque de sujets de discussion…A ma table, on parle entre autres du « sentier des mélèzes », oublié, voire ignoré, qui offrait un moment d’ombre bienvenu sur le chemin de Plan-Névé.
Sur la route du retour, la plage arrière de notre petit train à pneus permet aux fumeurs de cigares d’en apprécier un sans incommoder les autres, l’art étant de choisir le format correspondant à la durée du trajet (merci Jipé). A Lutry, un petit arrêt sur la terrasse de l’Auberge de la Tour est le prétexte aux adieux, chacun voulant regagner ses pénates en voiture, en train ou en bateau.
Belle journée d’amitié, comme toujours. Les vétérans de l’UPA 10 sont bien les dignes porteurs de souvenirs d’une époque qui s’estompe, à l’ombre (ou la lumière) des changements du monde. Mais ils seront bien présents le 20 novembre à l’assemblée générale de St-Maurice.
Albert Fahrni

Compte rendu
Sortie des Vétérans du 3 juin 2010 – BRETAYE / LAC DES CHAVONNES
Observant la colonne des marcheurs à la montée vers Bretaye, depuis le lac
des Chavonnes , le constat me paraît évident : la biodiversité existe même
dans la famille des vétérans. Cette désignation collective couvre en fait
un large spectre . L’écart est grand entre le sexagénaire ( l’élite ) et
le nonagénaire ( la landsturm ) : en gros un quart de siècle ! Casse-tête
pour notre président P.A. Jaunin, l’organisateur de nos sorties en montagne
: Pas trop d’escarpements prononcés ni une promenade pour vieux, plate et
monotone. Ainsi le choix de Bretaye et ses environs paraît judicieux. Quelque
cordes fixes autour du lac des Chavonnes pour notre élite sportive, un parcours
bosselé , court et varié, pour les moins en jambe, ceux de notre landsturm.
17 silhouettes bien vivantes, présentant parfois quelques signes d’usure résultant
d’une longue exposition au temps qui passe, se rassemblent à Bex-Gare sous
un ciel gris, peu engageant. A Bretaye, le ciel s’éclaircit et c’est sous un
soleil intermittent que les vétérans entament la descente vers les trois lacs.
A quelques centaines de mètres de la gare une plaque de bronze supportée par
un petit rocher rappelle aux passants la bataille du col du Croux ( devenu
la Croix ) en contrebas où en 1798 quelques valeureux combattants du Haut-Pays
ont tenu tête victorieusement aux troupes françaises révolutionnaires. ( voir
C.F.RAMUZ, La guerre dans le Haut- Pays ). Ces courageux combattants, excellents
tireurs, étaient 17. Tiens, comme nous aujourd’hui. Leur chef, leur Jaunin,
s’appelait Josias-Emmanuel Aviolat.
Apparaît alors paisiblement sur les lieux l’ami J.L.Pernet-justement un représentant
du Haut-Pays- dans des conditions bien différentes de celles vécues , plus
de deux siècles auparavant, par peut-être l’un de ses ancêtres.
Alors que notre élite poursuivait un bout de chemin autour du lac des Chavonnes,
ceux de la landsturm, restés en attente auprès du restaurant du lac fermé,
buvaient un verre savourant le charme dégagé par cette petite pièce d’eau au
caractère montagnard plein de poésie.
L’élite de retour, place à l’apéritif traditionnel, P.A. Jaunin sortant ses
bouteilles et G. Dépraz son succulent gâteau au lard. Remontée sans histoire
au restaurant de Bretaye où dans un brouhaha sympathique les 17 firent honneur,
grâce au choix avisé du menu par notre président, à une bonne cuisine bourgeoise
avant de redescendre sur Bex. En signe de au revoir les nuages disparaissent
et un horizon dégagé nous offre un beau panorama s’étendant des Dents du Midi,
apparemment très proches, jusqu’au Mont-Blanc, Dôme du Goûter et les Drus.
Somptueux arrière-plan pour la traditionnelle photo.
Que dire de ces sorties de vétérans à l’esprit alerte et jeune ? Une manifestation
de l’amitié sinon de camaraderie, une belle occasion d’échanger des souvenirs-
n’est- ce pas René Cornu ?- et de ressentir ensemble une certaine nostalgie
en face de sommets neigeux et escarpés, bref de haute montagne, à qui beaucoup
d’entre-nous avaient, plus jeunes, rendu visite. Les vétérans sont peut-être
moins performants physiquement mais sont tous restés amoureux de l’esprit de
la montagne qui s’exprime toujours dans un cadre de beauté et de grandeur.
Un bémol cependant : la motorisation qui s’étend et qui grignote la basse et
moyenne montagne. Des 4x4 sur des petits chemins, des motos pour rassembler
les vaches sur certains alpages, des moteurs partout pour tirer les skieurs.
Il faut ce qu’il faut, mais trop s’en faut.
Vive les vétérans de l’UPA 10 et encore une fois un grand merci à Pierre-André
Jaunin qui ne ménage pas sa peine.
Jean Bridel
